Curie… On y est!

Parce que c’est émouvant, drôle et bien écrit !!!

Valoubilou

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« Mamannnnnnn!!! » … Il est 06h55, nous sommes le mercredi 13 Novembre 2013, un mois pile après mes 38 ans et le petit dernier vient de me sortir du sommeil.
C’est le jour J! Celui où l’on va VRAIMENT commencer sérieusement ce combat. Non pas que les précédents rendez-vous n’étaient pas importants, mais psychologiquement, me dire que je vais enfin entrer à Curie et y être suivie par les meilleurs spécialistes rend les choses encore plus concrètes. Je suis impatiente, je ne tiens plus en place. On dirait une gamine devant un sapin de Noël…
J’ai rendez-vous à 9h30 à l’accueil de l’hôpital puis 10 mn plus tard avec le Dr G.; c’est une femme, jeune, spécialisée dans ce type de pathologies. Je ne la connais pas encore, mais elle a ma pleine confiance et je l’aime déjà. Elle va concourir à la mise à mort de Crépin.
Mon homme m’accompagnera…

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MATURITE

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Aimer avec passion, aller au plus loin de la flamme du désir pour finir par se brûler. Baiser, souffrir, pardonner, s’exclamer, se mettre en colère, se venger, se réconcilier pour finalement se reposer exténué. Tomber puis se relever pour mieux retomber victime de notre propre vertige. Vivre, chatouillé par ses vieux démons et profiter de tous les moments de bonheur avant de subir les assauts du malheur. Et jouir par avance en pleine souffrance. Se croire l’indispensable de l’autre, celui sans qui votre vie ne signifie rien.

Et si finalement  le vrai bonheur, celui qui dure, n’était pas ce moment où le quotidien d’une vie bien rangée me permet de ressentir  sa tête contre ma poitrine pendant que je lui masse délicatement ses cheveux devant une bonne série à la TV ? Enfin pouvoir reposer nos deux corps fatigués par une journée de travail, d’emmerdes et d’images violentes après un bon repas préparé par des doigts de fée et agrémenté par un bon verre de vin rouge.  Puis s’endormir paisiblement dans la promesse d’un lendemain matin adouci par le son de sa mélodieuse voix demandant si la nuit a été bonne. Si je sais que les journées se répètent toujours un peu, seulement rythmées par les saisons, une chose dont je suis sûr maintenant : être bien avec quelqu’un c’est aussi cette harmonieuse routine faite de confiance, de tendresse et de respect afin de voir au loin le désir de construire sa vie à deux et de nous projeter dans un avenir structurant. Finalement, le rêve n’a jamais été aussi proche, il suffisait d’y croire…

LONGUE VIE

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Retenir par le poignet cette Femme qui fume dehors sur la terrasse d’un café

 La baiser ainsi que sa mère, ses sœurs, ses cousines, ses copines

Posséder pour une nuit toutes les femmes de la terre

 Rêver pourtant de n’en aimer qu’une

Elever nos enfants et fonder notre famille

Ecrire les plus beaux textes maudits  non publiés

Travailler dur pour vivre sa liberté

S’occuper de mes parents  comme ils se sont occupés de moi

Pardonner les trahisons, mensonges et félonies de mes amis et de mes ennemis

Aider et comprendre les gens qui souffrent et qui sont chers à mon cœur

Secourir cet homme perdu au milieu de ses cartons

Adopter cette petite fille qui meurt de faim

Finir de tuer et d’écraser tous ces piétons dans GTAV

Être bénévole aux restos du cœur, donner au Téléthon et à la recherche contre le cancer

Consoler cette jeune femme qui pleure en cachette en face de moi dans le métro

Dire à mes parents que je les aime avant qu’ils ne partent

Apprendre à ma fille l’histoire de cette princesse qui ne s’est jamais réveillée

Emmener mon fils sur les terrains de Rugby

Faire le Tour du Monde  à la découverte de cet inconnu

Effectuer le tour de mon âme afin de connaître cet étranger en moi

Afin d’avoir le temps de m’aimer un jour

Parce que l’on ne devient que ce que l’on est,

Et parce que je n’ai pas réussi à accomplir le dixième de la liste de mes envies

J’aimerais pouvoir vous dire que ce n’est pas ce texte qui est trop long

Mais que c’est la vie qui est trop courte…

SOCIETE DE CON SOMMATION

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Pantin, un lundi 12 H 30. Faim. Envie de Pizza.

–          « Bonjour Monsieur, je voudrais un pizza à emporter »

–          ‘jour, vlà le menu, choisissez

–          Merci. »

Rapide coup d’œil et rapide calcul du temps qu’il reste avant de bouffer. Dans ces cas-là, raccourcir le temps de réflexion pour manger plus vite et aller au plus simple.

–          « Je prendrai une Margarita.

–          Taille ?

–          Taille moyenne 16 cm

–          Ok taille moyenne ça marche »

Absorbé par l’écran de son smartphone et de sa TL, le type n’a même pas relevé la qualité exceptionnelle de ma blague.

–          « ça sera prêt dans 5 mn

–          Ok ça fait combien ?

–          11 € 90, vous la voulez à quel parfum l’autre ?

–          Chocolat Menthe….. Ben je viens de vous le dire une Margarita.

–          Oui mais la deuxième.

–          Quelle deuxième ?

–          A 11 € 90, tu as droit à une autre gratuite. Ce qui revient à 5 € 95 LA PIZZA » me lança t’il fièrement et sûr de son effet.

–          « Euh, je suis tout seul, je vais quand même pas bouffer deux pizzas tout seul ?

–          Ben si tu as très faim, ça peut le faire. Des clients ont déjà essayé et n’ont pas eu de problèmes. Sinon tu as 10 mn pour trouver quelqu’un à inviter pour manger avec toi. Une fille par exemple. »

En regardant ma tête, il s’est aperçu qu’il avait gaffé au sujet de la fille.

–          «  Vu les quantités, c’est un plan à Quatre qu’il me faudrait. Sinon, je pourrais la proposer à un pauvre ROM si je n’avais pas peur de Manuel Valls »

Et là, c’est moi qui compris que je venais de gaffer en voyant sa tête. Un partouze…

–          « J’ai une idée ! Vous me faites payer disons 6 ou 7 € et je repars avec une seule pizza.

–          Impossible, nous avons des règles très strictes à ce sujet : c’est deux pizzas à 11 € 90 ou bien une seule à 11 € 90

–          Mais vous travaillez pour les labos pharmaceutiques ou quoi ? Vous vendez des statines en promo ?

–          Nous avons des menus « Baby » effectivement, mais nous n’avons pas de tétines. (énervé) Vous les prenez ces pizzas oui ou merde ?

–          Ok, je crois qu’on va en rester là sinon je vais bouffer la table, préparez moi deux pizzas Margarita

J’ai donc fait un effort surhumain pour manger deux pizzas au risque d’être malade toute l’après-midi. Mais le pire reste la crainte de croiser un jour un twitto qui un lundi 07 octobre vers 12 H 45 a dû twitter qu’un mec super lourd lui a commandé deux pizzas super lourdes elles aussi.

Quant à moi, je ne mangerai pas de pizzas pendant au moins 3 mois.

DIVISION

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–          « Mademoiselle, l’addition s’il vous plaît ! »

Nous étions 3 convives autour d’une mini table dans un restaurant Italien.

–          « Oui tout de suite »

En général, l’addition vient beaucoup plus rapidement que certains plats.

–          « Ok on partage ? »

Cette  proposition intervient après un rapide coup d’œil sur le total de l’addition et nous oblige à effectuer simultanément une rapide soustraction de notre solde de compte bancaire.

–          «  Euh, non je suis pas d’accord, les 6 mojitos et les deux bouteilles de vin là et bien je ne bois pas d’alcool. 

–          Oh tu vas pas commencer à faire ton radin, on partage et puis c’est tout »

Les smartphones ont été inventés pour permettre aux gens bourrés de faire les additions lorsqu’ils ont trop bu.

–          « ça fait donc 57 € chacun plus 2 € pour la serveuse »

–          « Mademoiselle vous acceptez les tickets restau ? »

–          « ok toi tu as donc 3 tickets à 8 € et tu paies 35 € en cash, moi je mets 4 Tickets à 8,5 € et je paie 24 € en CB et toi mets 2 tickets à 7,62 € et tu paies 43,76 € en cash »

La jolie demoiselle au bel accent Italien recompte les tickets restau. On sent chez elle une grande fébrilité. Les smartphones auraient dû être inventés pour les serveuses fatiguées après une longue journée de servitude.

–          « Euh, je crois qu’il y a une erreur !

–           Comment cela une erreur ? Bon reprenons (appuyant frénétiquement sur son Iphone)  :  3 tickets x 8 € = 24 € + 4 X 8,5 = 34 € + 2 X 7,62 = 15,24 €  + 78,76 € de cash + 24 € en CB = oh et puis merde, tu sais quoi Vince ? Tu devrais payer le total et on te rembourse après parce là tu vois la jeune fille ne s’en sort pas. Et toi bien sûr, tu as deux jeunes filles à table et une autre en détresse arithmétique, tu ne penses même pas à la soulager en proposant de payer le tout. Bravo la galanterie !!!

–          Ah ouais ??? Et il faut pas que je débarrasse la table non plus pour ne pas trop la fatiguer ?

–          Ben voilà ; continue avec ton humour à deux balles, t’es vraiment un tocard. Mon père m’a toujours dit que tu n’aurais jamais une thune, je me demande ce que je fous avec toi.

–          Hum hum , fit benoîtement la serveuse, je crois que c’est arrangé votre amie vient de régler la note 

–          Quoi, tu as fait ça, Natacha ?, mais il ne fallait pas 

–          Ben si il le fallait, j’ai toujours préféré les additions aux divisions »

LEVYTATION

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Un samedi après- midi d’une petite ville de province. Je m’installe dans la librairie au milieu des centaines d’exemplaires de mon dernier livre. Déjà, une longue file béate d’admiration n’attend que moi. Ça sent la pervenche et l’Opium d’Yves Saint Laurent. Toutes ces Femmes sont à mes pieds et je me sens comme Mick Jagger ou Bruce Springsteen après un concert. Seul le cérémonial de l’endroit ne permet pas d’entendre les cris de vénération. Après quelques signatures automatiques accompagnées de sourires mécaniques, mon regard se fige vers une jeune Femme d’une beauté incendiaire tenant une rose à la main.

–          « Bonjour, c’est pour Emma » me dit-elle en me tendant un livre.

–          « Je pourrais écrire un roman entier sur vous Emma. Si vous le désirez, je vous invite à dîner une fois mes obligations éditoriales effectuées

–          A mais, moi c’est Juliette, Emma c’est ma grand-mère à qui je relis vos romans de nombreuses fois . Elle vous adore, surtout « les oiseaux se montrent pour vivre », elle ne se lasse pas du chapitre où Natacha embrasse Christopher pour la dernière fois avant de partir.

Elle m’a chargée de vous donner cette rose. N’oubliez pas de la mettre dans un petit vase rempli d’eau. »

–          « Bien sûr Juliette, je n’y manquerai pas » dis-je avec un sourire jaune vif.

–          « Ah, une dernière chose Monsieur le Romancier que je voulais vous dire bien en face : ça fait deux ans que je suis obligé de me taper tes textes à la con dans l’unique but de faire plaisir à ma Grand-mère et je voulais voir si le personnage correspondait à son talent littéraire. Et là, pour le coup, je ne suis pas déçue. »

Comme quoi, il n’y a pas que les cadavres qui se décomposent.

–          « Shame pas du tout ce que vous faites » me dit-elle dans une dernière pirouette »

CLAUSTROPHOBITE

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Arcueil, un mercredi matin pluvieux. J’ai une demi-heure à tuer avant un RDV important. Que faire ? Deux Solutions : Aller chez Zara dans une galerie commerciale ou bien prendre un café en lisant « Le Parisien » d’un bar PMU de banlieue. En ces temps de crise, je choisis la plus économique.

–          « Les toilettes s’il vous plaît ? 

–          Vous vouliez pas un café ? »

A peine perturbé par l’humour ravageur du serveur, j’ouvris la porte des toilettes en retenant ma respiration, anticipant en cela la douloureuse certitude olfactive. Je me mis à plaindre mon attaché case de l’abandonner lâchement au milieu des traces d’urine dont les analyses feraient pâlir une équipe cycliste professionnelle. Le bruit agaçant d’un minuteur retardait mon envie pourtant pressante. Dans ces cas-là, un moment de concentration est nécessaire. Un peu comme quand on fait l’amour à une fille et que l’on sent poindre une éjaculation déplacée.  En général, la simple vision des murs et du plafond avec les quelques bites dessinées maladroitement au stylo bille par des lycéens boutonneux suffit à provoquer le jet.

Puis ce fut le noir. Le minuteur venait de s’arrêter. Impossible de trouver l’interrupteur avec ma main droite (oui je suis gaucher). Par une torsion du bassin j’essayais de trouver le bouton tout en maintenant la cascade de mon urine dans la position initiale d’avant l’éclipse totale.

Je basculai même de la main gauche à la main droite afin d’élargir mon champ d’action pour trouver la lumière.  L’angoisse commençait à m’étreindre.

–          «  Putain, j’ai peur dans le noir, c’est quoi ce bordel ? »

Mon sexe n’en menait pas large. Il faut dire qu’il n’était pas très stimulé.

–          « Ecoute, finis ce que tu sais si bien faire, puis je te range dans l’étui, j’ouvre la porte et le cauchemar sera fini 

–          Oui, ben je commence à en avoir marre de ne servir qu’à pisser moi, enfin je dis ça je dis rien.

–          Ta gueule »

La cascade n’était plus qu’un petit ruissellement. Je me dépêchai de tirer la braguette et de récupérer ma mallette à tâtons avant de retrouver le jour libérateur. Puis de filer en courant à mon RDV.

En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à expliquer à mon boss que j’avais perdu une belle affaire pour m’être aperçu trop tard que je m’étais présenté face à mon ex cliente avec un pantalon tâché d’urine…